À 19 h, je ris très fort

•29 septembre 2009 • 4 Commentaires

Il semble que, depuis quelques années, j’aie une tête de turc que je privilégie entre toutes : la Fabienne. Son oeuvre parvient à me toucher dans le plus profond de mon être au moyen de son unicité, composée, à mon avis, d’un savant mélange de médiocrité scénaristique (j’invente un adjectif) et théâtrale. Par oeuvre, je fais évidemment référence au rendez-vous quotidien auquel la Fabienne nous convie depuis des années : Virginie.

Il arrive relativement souvent que j’écoute Virginie avec la Coloc. Une fois le souper englouti, on aime bien relaxer devant la télé, avec nos portables respectifs sur les genoux. Pendant qu’on reconnecte avec le monde après une journée de boulot, la télé constitue un beau bruit de fond. À 19 h, le bruit de fond devient un exercice abdominal. Hier soir, je me suis esclaffée comme une fillette.

Au cours d’une scène où deux enseignants homosexuels discutent du fait d’avoir une classe composée uniquement d’élèves du sexe opposé, ce qui est supposé les aider dans leur acceptation dudit sexe opposé, je m’aperçois qu’un des enseignants est nul autre que… Patrick Huneault!
Patrick, que nous n’avons pas vu souvent à la télé depuis Slash! et Watatatow!

C’est à ce moment que j’ai compris que Fabienne a le coeur sur la main.
Elle ramène devant la caméra un des sex-symbol de ma jeunesse.
Elle permet à Marcel Leboeuf de passer pour un sex-symbol.
Elle fait fantasmer les hommes en accouplant Annie Dufresne et Joëlle Morin.
Elle fait rêver les femmes en “matchant” Louise Deschâtelets avec un ti-jeune.

Dans Virginie, tout le monde y trouve son compte.  Merci Fabienne.

Un mardi matin, au bureau

•22 septembre 2009 • Laisser un commentaire

Quelques observations effectuées au cours des derniers jours.

La phrase “Je te l’avais dit” est probablement la phrase la plus égoïste et la moins réconfortante de l’univers connu.
C’est assurément celle qui me fait sortir de mes gonds le plus rapidement.

Quelques-uns d’entre nous dormaient d’un sommeil profond quand la courtoisie est passée faire son tour.
Quand une femme enceinte entre dans le wagon du métro, pourriez-vous, svp, lui laisser votre siège?
Si même moi je le fais avec plaisir (on connaît mon amour pour les enfants en général…), vous devriez être capables d’en faire autant.

Se faire dire par son patron à quelle heure on dîne et en compagnie de quels collègues rappelle la garderie.
Je pense que je vais écrire mon nom dans mes cahiers et dans mes vêtements.

Arroser sa pelouse à la mi-septembre tient plus du reniement de l’univers et de ses lois que du goût d’un beau parterre.
C’est pas comme si la neige allait scraper ta pelouse dans moins de deux mois…

Quand je suis sortie de chez moi, ce matin, il y avait un écureuil sur le gazon. Il m’a suivie du regard jusqu’à ce que j’arrive au coin de la rue.
J’avoue avoir ressenti une tite peur…

Le féminisme a eu ses bons effets comme ses moins bons… Le refus de porter un soutien-gorge fait partie des moins bons.
Je suis désolée, mais quand je peux distinguer les mamelons d’une femme de 60 ans à travers son chandail, j’ai tendance à maudire 1968.
Surtout quand j’ai pas encore pris mon premier café de la journée.
(Pour votre information, l’âge n’a aucun rapport. Je suis tout aussi perplexe quand je croise de jeunes mamelons.)

RIP le scout des fins de soirée

•13 septembre 2009 • 3 Commentaires

Avez-vous déjà eu un Plan B? Celui qu’on peut appeler n’importe quand, peu importe l’endroit où on se trouve? Le genre de relation qui fait de lui un scout : toujours prêt à vous satisfaire, indépendamment des conditions ambiantes. La belle vie, quoi.

En fait, selon la définition que je viens de vous donner, on devrait l’appeler un Plan A, puisque c”est tellement facile, ça demande si peu d’efforts que, souvent, on ne se donne même pas la peine de draguer durant une soirée, sachant pertinemment que le supposé Plan B (ou A) viendra à la rescousse, terminant ainsi la soirée en beauté, tel un Robin des bois du lit queen. Mais c’est tellement facile qu’il ne peut se mériter la première place dans mon palmarès de l’intimité. Je n’ai jamais eu beaucoup de respect pour ceux qui me disaient “oui” trop vite… D’où leur éternelle position de Plan B.

Cela dit, si on délaisse l’aspect psychologiquement intéressant de la dernière phrase, quand ça peut dépanner, respect ou pas, là n’est pas la question. Avec le Plan B, c’est exit les questions de base (d’où tu viens? quel âge t’as? pourquoi t’es célibataire?), bonjour l’habitude et le non-dit, bienvenue à l’orgasme sans arrière-pensée, pratiquement assuré et à conséquence très limitée.

Très lourd soupir.

Mon Plan B me manque.
Définitivement.

Dépenser des centaines de dollars sans quitter le quartier

•12 juillet 2009 • Laisser un commentaire

Depuis que je suis une Montréalaise jeune et branchée (!), lorsque le soleil se pointe la figure un dimanche, deux pensées se forment dans mon esprit : marché Jean-Talon et Piknik Électronik. C’est sensiblement ce programme qui devait composer ma journée. Par contre, ma charmante voiture en a décidé autrement.

Après un départ étrangement difficile (comme si mes roues devaient surmonter un obstacle avant de se mettre en marche) et un crissement infernal, je me range sur le bord de la rue. Je ne comprends pas ce qui se passe et, à voir leurs mines déformées, les passants non plus. Pourtant, tout semble encore en place et en état de fonctionner. En repositionnant mes miroirs et en recréant une fois de plus le son de l’apocalypse le temps de quelques mètres, je m’aperçois finalement que ma roue arrière gauche renie sa nature intrinsèque, c’est-à-dire rouler. Quelque chose doit la bloquer. Je tente d’avancer et de reculer pour faire bouger les choses. Rien n’y fait.

D’ici à ce que je me résigne à trouver un remorqueur et un garagiste, trois passants viendront se poster à côté de ma voiture. Les trois mâles désireux de sauver une jeune conductrice perplexe s’assureront d’abord qu’ils n’ont pas affaire à une idiote en lui demandant : « Est-ce que t’es sûre que ton brake à bras est pas mis? » Oui, je suis très certaine. Merci. Le troisième, un grand-père très sympathique, m’a convaincue de quitter le navire : « C’est soit ton brake qui est collé ou bien le câble du brake à bras qui est jammé. Peu importe ce que c’est, tu peux rien faire. Avoir eu mon jack, on aurait pu jacker ton char, enlever la roue et voir ce qui se passe. Mais je l’ai pas avec moi. Désolé. » Hum! Je ne vous en veux pas de ne pas traîner votre jack lors de votre promenade dominicale.

Quatre téléphones plus tard, j’accueillais deux remorqueurs aux portes du bolide maudit. Selon eux, la théorie du câble coincé est la meilleure. En plus, elle est la moins coûteuse. Souhaitons que ces deux hommes expérimentés aient raison. J’attends que le garage m’appelle pour m’annoncer à combien se chiffre la mauvaise nouvelle.

D’ici là, je caresse l’idée de trouver le plus beau des fossés et d’en faire le tombeau de la charogne qui me sert de transport pas commun. Seule une facture ridiculement basse pourrait lui épargner cette fin pas tant tragique.

À suivre dans un Canadian Tire près de chez vous.

Paresse et passion ne font pas bon ménage

•29 juin 2009 • 3 Commentaires

Quand j’aime quelque chose, je l’aime beaucoup. Vraiment. Je deviens presque groupie. Dans le cas de la musique, ça prend pratiquement la forme d’une obsession. Je n’écoute que ça, en boucle, pendant des jours. Tout est prétexte à une énième écoute. Je connais la pièce (ou l’album ou la discographie) par coeur. Je lis tout ce qui peut s’écrire. Je regarde tout ce qui peut se produire. Et j’assiste aux spectacles autant que faire se peut.

Il fut un temps, dans ma folle jeunesse, où j’ai éprouvé cette passion pour un artiste québécois.

En deux ou trois ans, mes amis et moi avons assisté à une quinzaine de spectacles de Champion et ses G-Strings.
On le suivait pratiquement dans sa tournée. Sherbrooke, Montréal, St-Jean, Québec. On se retrouve même sur le DVD de son spectacle. On est dans la première rangée. Sa musique nous rejoignait tellement. De l’énergie, de la grosse guitare, le meilleur beat techno qui soit, un party chaque fois. C’était tout nous.

Puis, Champion s’est arrêté. Alors que nous, nous étions encore prêts à le suivre n’importe où (musicalement et physiquement), il a cessé d’avancer. Il a mis au rancart sa créativité. Et nous aussi, par le fait même. Parce que du remâché, on en mange pas. Ce qui fait qu’on a délaissé cet univers qu’on affectionnait tant autrefois. On l’a vu pour ce qu’il était réellement : un gars avec la volonté de faire de l’argent au lieu de faire de la musique, tout simplement. Il y a des limites à rouler 5 ans avec le même matériel et à en faire 3 disques différents.

Cela dit, en tant que passionnée de musique, en tant qu’ancienne passionnée de SA musique, j’ai décidé de lui donner une seconde chance lorsque j’ai appris que sa nouvelle chanson était (enfin!) disponible. Je l’ai écoutée quelques fois avec l’espoir d’être renversée, de retrouver les frissons qui parcouraient mon corps quand sa musique parvenait à mes oreilles.

Comment vous dire ce que j’ai ressenti… Je n’ai qu’un mot, mais il ne contient même pas la moitié de ce que j’ai dans ma tête.

Déception.

Betty Bonifassi me manque. Je vis peut-être dans le passé, mais sans elle, ce n’est pas aussi fort.

J’espère que vous serez plus emballés que moi. Cliquez ici pour entendre ladite pièce.

Embrasser est un art qui se perd

•18 juin 2009 • 5 Commentaires

Lecteurs masculins de ce blogue, ce billet vous est particulièrement destiné.
Mon célibat et celui de mes amies m’ont amenée à constater que certains d’entre vous n’ont pas bénéficier d’une éducation sexuelle à proprement parler. Je vous offre donc quelques petits conseils tout simples qui pourraient vous servir lors de votre prochaine sortie. Car on sait que la différence entre une nuit passée tout seul et une nuit passée en bonne compagnie réside surtout dans l’approche physique. Cependant, puisque je tiens à garder une petite gêne, je me contenterai de vous donner mes impressions sur ce qui fait un bon french.

1. La fluidité du french dans son ensemble est très importante. Il doit être harmonieux et sembler naturel. La langue est l’élément central de l’exercice. Le roulement doit donc être relativement régulier et sensuel. Ça devrait être littéralement rond en bouche. Inutile de vous prendre pour un marteau-piqueur ou un lézard qui tente d’attraper une mouche dans le fond de la gorge. C’est pas agréable pour nous. Et je doute que ce le soit pour vous.

2. Ce qui m’amène au deuxième point. J’ignore qui vous a enseigné à frencher, mais si ça se résume à ouvrir la bouche, sortir la langue et tourner, oubliez tout et recommencez à zéro!! CE N’EST PAS COMME ÇA QU’ON FRENCH.

3. Je crois que je ne froisserai personne en affirmant qu’un désert, ce n’est pas particulièrement confortable. Une piscine olympique non plus. Il est donc complètement inutile de produire de la salive outre-mesure. Quand le french
cesse et que vous devez passer la main sur la bouche parce qu’elle reluit, ce n’est pas une bonne chose. En plus, ce n’est pas chic du tout.

4. Mis à part la bouche, une autre partie du corps joue un rôle très important dans le processus frenchique : les mains. Baladeuses mais pas trop, c’est comme ça qu’on les aime. Il y a une limite à ne pas franchir et, en ce qui me concerne, c’est ce qui fait la différence entre un french seulement et plus qu’un french. Toute fille qui se respecte se donne au compte-goutte et en temps et lieu. Inutile de tenter de passer sous le soutien-gorge en plein bar. Vous risquez plus de passer la nuit sur le perron.

Il y aurait probablement plus à dire sur le french, ses techniques et ses mauvaises utilisations, mais je m’arrête ici. Je crois que si vous suivez ces petits conseils, il y aura une file perpétuelle devant votre faciès. Car quand on trouve un bon frencheur, on s’en rappelle. ;-)

Cela étant dit, bon french!

Respecter les règles non écrites de la vie

•10 juin 2009 • Laisser un commentaire

Pardon pour le silence des dernières semaines. Je fus occupée à préparer des entrevues et à les rocker complètement. Dès lundi prochain, je quitte mon état léthargique pour embrasser la vie trépidante d’une jeune professionnelle urbaine! Plus de détails un peu plus tard.

Cette semaine, j’ai été le témoin d’une scène pour le moins troublante et choquante.
Je suis dans ma voiture, au coin de l’Avenue du Parc et de Van Horne. J’attends que le feu de circulation tourne au vert. Sur le coin de la rue, je vois un homme d’une quarantaine d’années parler avec beaucoup d’agitation à un jeune garçon en vélo. Inquiète, je ferme la radio et ouvre ma fenêtre pour entendre ce qui se dit. Ou plutôt ce qui se crie.

- Who do you think you are? You can’t ride your bike this way! You and your people have no respect for us! You have no respect for nothing except yourself! You can’t do this!

Vous aurez compris que le jeune garçon, qui devait avoir maximum 10 ans, était juif. J’ignore ce qu’il a bien pu faire avec son vélo pour déclencher la colère de l’homme, mais je suis persuadée que ça ne devait pas être grave à ce point. Je crois aussi que ce garçon s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Il a dû encaisser tout le ressentiment que l’homme gardait pour lui depuis manifestement trop longtemps.

Cet homme a enfreint ce que j’appelle les règles non écrites de la vie. Dans la vie, il arrive parfois qu’on doive poser un geste par principe, sans vraiment en connaître les raisons fondamentales. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on doit faire une telle chose, c’est tout. Un exemple de règle non écrite de la vie mais que tout le monde connaît et applique : la règle du lendemain d’un rendez-vous galant. On doit attendre au moins 24 h avant de rappeler la personne. (Le temps varie selon les versions, mais elles s’accordent toutes pour affirmer que rappeler dès le lendemain est trop tôt et vous fait paraître un peu désespéré.) Mon exemple est peut-être superficiel, mais vous comprenez le principe. L’homme en colère n’aurait jamais dû déverser sa rancoeur sur un garçon de 10 ans. C’est un geste lâche, vil et laid. Il a commis une grossière erreur de jugement en hurlant à deux pouces du visage de ce malheureux enfant.

Règle non écrite de la vie n° 17 : On n’engueule pas un enfant qui n’est pas le nôtre en pleine rue.

Payer le prix de la vie urbaine

•14 mai 2009 • Laisser un commentaire

Un changement d’huile dans un Canadian Tire de Québec : 50 $.

Un changement d’huile dans un Canadian Tire de Montréal : 80 $.

Constat n° 1 : au départ, choisir l’huile synthétique était très audacieux. Voire trop.
Constat
2 : (trop) payer pour une procédure que je peux faire moi-même ne m’enchante pas du tout.
Constat
3 : les garagistes de Montréal sont visiblement plus compétents que ceux de Québec, puisqu’on les paie plus pour le même service.
Constat
4 : je suis vraiment naïve et je ne veux pas croire que tout est plus cher à Montréal à ce point-là.
Constat n
° 5 : YIA DE L’ABUS!

Brassée magique

•11 mai 2009 • 1 Commentaire

Quand on est en instance de déménagement ou quand on vit dans nos valises, la voiture prend place de garde-robe.

Aujourd’hui, je me sentais audacieuse. J’ai vidé mon garde-robe.

J’en ai eu assez pour faire une brassée complète. Et moi qui me cherche désespérément quelque chose à me mettre chaque matin…

En faisant le transfert vers la sécheuse, j’ai appris la mort d’une de mes paires de jeans. Dieu ait son âme. On la pleurera pour les décennies à venir.

Ma laveuse, tentant d’alléger mon deuil, m’offrit un joli cadeau : deux billets de 5 $.
C’est peu, diront certains, mais je crois que l’intention y était. Et c’est ce qui compte dans les cadeaux, l’intention.

Ma laveuse est une grande émotive.
Elle a été invitée à la nouvelle émission de Josélito Michaud.

Histoires des Ontarios II

•22 avril 2009 • 1 Commentaire

Je reviens tout juste de ma troisième semaine en Ontario. En plus d’avoir soulevé de la poussière comme jamais je n’ai soulevé de poussière dans ma vie (les concierges doivent coûter salement cher pour s’en passer à ce point-là), je poursuis mes constatations.

- Être canadien français dans un univers canadien anglais provoque des situations où le délire est maître, telles que s’asseoir à trois tables différentes au restaurant juste pour vérifier vers quelle table le serveur se dirigera en premier (finalement, ce fut la mienne), crier très fort entre les rangées d’un magasin pour retrouver un ami perdu et entretenir une discussion sur un sujet pas très catholique en plein milieu d’un buffet chinois. (Les mots va*** et dumpling ne se sont jamais autant côtoyés.)

(Observation instantanée : quand je voyage et que je suis protégée par la barrière linguistique, je retombe en enfance.)

- Les chevreuils ontariens ont un comportement légèrement abusif si l’on en croit les affiches routières. Ils ne font pas que traverser la route, ils se cambrent, se tiennent sur leurs pattes arrières et ouvrent la gueule comme s’ils voulaient nous cracher dessus. Pas facile, la vie en forêt.

- Je vous laisse avec ma découverte de la semaine : le Taco Bell. J’ignore si on se régale avec les tacos, mais je sais que les condiments me plaisent beaucoup. Voici les phrases pleines d’esprit et de profondeur que l’on retrouve sur les sachets de sauce forte. La traduction ne vient pas de moi, mais bien du sachet. J’ai recopié tel quel, sans me soucier de leurs fautes d’orthographe.

Save a bun. Eat a Taco. –> Sauve un pain à hamburger. Mange un Taco.

Live life one sauce packet at a time. –> Vie ta vie un paquet de sauce à la fois.

I’m in good hands now. –> Maintenant, je suis entre bonnes mains.

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.